15.05.2012
V6 - mise en ligne
Le Dilemme du vampire est terminé.
un grand merci à BDBAddict.
***
rappel : Chronologie : futur alternatif au début du tome 5
Devenu vampire, Butch a été intronisé dans la Confrérie. Il soupire après Marissa.
Cette dernière, bien qu’elle soit amoureuse de Butch, ne veut pas entendre parler du Dhestroyer. Elle ne veut pas être la shellane d’un guerrier.
Quant à V, il réalise avoir des sentiments pour son meilleur pote, mais, l’intronisation du Primâle lui tombe dessus…
***
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V6. Chapitre 28 - fin
par BDBAddict
Chapitre 28
Il avait été décrété par les shellanes que la cérémonie se ferait dans le hall du manoir.
Vishous était dans sa chambre, en train de se préparer avec sa tunique noire. Une longue dague avec une poignée d’ébène sertie d’or était attachée à sa ceinture. Etrangement, il était nerveux. Il savait que ce n’était pas une cérémonie d’union « officielle », sa chère mahman n’avait pas donné son accord. Mais, il n’empêche que cela revêtait un caractère spécial pour lui et son flic : la Confrérie acceptait et officialisait son union avec le Dhestroyer.
Il entendit du bruit venant de l’ancienne chambre de son coloc. Butch avait préféré s’habiller dans celle-ci, ce qui leur permettait de se préparer tranquillement.
— T’en es où, Cop ?
— Suis prêt… et toi ?
— Idem, répondit V en sortant de la chambre.
Il retrouva son compagnon dans le salon. Ils avaient choisi de mettre les mêmes vêtements noirs.
— Waouh ! dit Butch. Putain, tu pourrais faire la couverture d’un magazine de mec, vieux
— Ta gueule Cop. C’est simplement un pantalon et une tunique noire, rien de particulier.
Tout en parlant, il tournait autour de lui-même pour se faire admirer.
Le flic n’eut pas le temps de répondre que la porte de la Piaule s’ouvrit sur Hollywood qui lui était habillé tout en blanc.
— Tiens, énonça V, LUI pourrait faire la une d’un magazine de mode.
— Bien évidemment, ce n’est pas toi avec ton affreux bouc qui ferait fantasmer les donzelles, renchérit Rhage. T’es beaucoup trop laid pour ça, mon pauvre !
— Bon à part être venu te lancer des fleurs à toi-même, pourquoi t’es là ?
Rhage rigola et dit :
— On attend plus que vous deux, mes affreux jojos, pour commencer la cérémonie. Beth m’a envoyé et a dit je cite : « prends-les par la peau de leur cul si il le faut et fais-les rappliquer dare-dare ».
— T’es sure que ce n’était pas sa majesté ? demanda Butch hilare
— Nan, nan, je t’assure que c’est bien notre douce reine qui ressemble plus en ce moment à son hellren que d’habitude. Comme si les pensées du roi sortaient de la bouche de sa shellane. Je vous assure, c’est flippant. Elle a fait le même froncement de sourcils que son mec quand il braille des ordres.
Ayant vu les femelles du manoir à l’œuvre, Butch rigola encore plus fort. Apres s’être calmé, il dit :
— On arrive, cher messager. (Se retournant vers son coloc :) t’es prêt ?
Vishous le fixa et hocha la tête.
— On y va.
Les trois guerriers sortirent de la Piaule, les uns derrières les autres : Rhage ouvrant le chemin suivi de Vishous et de Butch. Ils longèrent les couloirs pour arriver dans le hall. Rhage leur demanda de s’arrêter en haut des escaliers.
Ce qui permit aux deux nouveaux arrivants d’admirer le décor créé par les femelles.
Il y avait plein de bougies noires qui illuminaient la pièce rendant les fresques encore plus réalistes. Les shellanes étaient toutes habillées avec des robes de soirées noires, tandis que leurs compagnons étaient en blanc. Un drapé de soie blanche avec des motifs de dagues noires était posé artistiquement sur chaque rambarde de l’escalier. Un magnifique tapis noir et blanc recouvrait l’escalier et menait vers un petit autel où se tenait le roi.
Des roses noires et des orchidées blanches parsemaient çà et là, le chemin qui menait au Roi.
Sur le côté, un buffet fait par les doggens ne dérogeait pas à la règle. Vishous put voir que les pâtisseries, gâteaux et autres plats préparés étaient toutes de couleurs noires et blanches.
Les guerriers et leurs shellanes étaient en rang devant le Wrath, sauf Zsadist qui était à côté de ce dernier.
— Approchez tous les deux, Vishous, fils du Bloodletter et Dhestroyer, descendant de Wrath, tonna la voix du Roi.
Les deux vampires descendirent d’un bel ensemble les marches qui les menèrent à l’autel.
Ils s’arrêtèrent en même temps à deux pas du Roi.
— Nous allons commencer par la présentation, annonça Z. Mon Roi, voici Vishous, fils du Bloodletter, guerrier de la Confrérie la Dague Noire, fils de la Vierge Scribe…
Zsadist continua à énumérer l’ascendance de V, avant d’enchainer avec celle de Butch. Quand il se tut, le roi tourna sa tête vers V et lui demanda :
— Guerrier, ce male demande à ce que tu le prennes pour hellren ? Veux-tu de lui comme compagnon s’il en est digne ?
— Oui, répondit V, d’un ton solennel.
Le roi se retourna vers Butch.
— Guerrier, ce mâle est disposé à t’accepter. Es-tu prêt à te montrer digne de lui ?
— Je le suis, affirma Butch d’une voix forte.
— Bien, donnez-moi vos mains.
Les deux guerriers levèrent leurs mains droites, paumes vers le haut.
La grosse main du Roi recouvrit les deux paumes.
— Cette union est bénie par Wrath, Fils de Wrath, Roi de la race des vampires. C’est une bonne union !
Les Frères se mirent à réciter le psaume. Les voix devinrent de plus en plus fortes, rendant hommage à cette union non conventionnelle.
La voix d’ange de Zsadist s’éleva, magnifique, au-dessus des autres pour terminer le chant.
Les guerriers s’étaient rapprochés des deux Frères jusqu’à les entourer, prouvant ainsi leur indéfectible loyauté et leur soutien.
***
Le repas de noces était terminé. Les vampires avaient réintégrés leurs chambres, heureux d’avoir participé à cette cérémonie d’union qui liait deux Frères valeureux.
Butch et Vishous avaient réintégrés la Piaule.
Butch était en train de prendre une douche, tandis que V préparait des verres de Lag et de Goose pour les deux.
— Alors, t’es content ? demanda le flic en sortant de la salle de bain, une serviette autour des reins.
Vishous se retourna en entendant la voix de son coloc. Lui aussi avait pris une douche rapide et s’était changé pour enfiler des vêtements plus confortables.
— Ouais !
— Ça ne te dérange pas qu’on n’ait pas pu faire la cérémonie d’union jusqu’au bout avec nos noms gravés ?
Vishous se rapprocha de son mec et le prit dans ses bras.
— J’en ai rien à foutre de ne pas avoir ton nom gravé au sang sur mon dos, parce que je vais me le faire tatouer !
Le flic le fixa les yeux ronds. Un sourire plein de chaleur lui étira les lèvres.
— Ok, mec, je suis partant pour avoir aussi ton nom tatoué sur mon dos.
— Eh bien, voilà qui règle le problème, non ? déclara V.
— Eh ben ouais, mec…Pas à dire, y a des moments où t’es un génie.
Le vampire fit semblant d’être offusqué.
— Tu veux dire que je suis toujours un génie, affirma-t-il d’une voix forte.
— Ça dépend des jours, mec…Des fois, tu peux être vachement stupide quand tu l’as décidé !
Ce petit rappel de la connerie fit rire le vampire tatoué.
— Bon on va dire que je suis un génie stupide, alors.
— Ça me va ! Tant que tu restes MON génie stupide, déclara Butch en l’embrassant.
Ce qui fit clore le débat. V resserra ses bras autour de son colo, lui mangeant la bouche. Collant sa langue soyeuse sur les canines parfaitement étirées de son coloc.
Un gémissement se fit entendre, tandis que des mains impatientes attrapaient d’un côté un tee-shirt, de l’autre une serviette pour les arracher.
Des lambeaux de vêtements jonchèrent le sol et les deux vampires se retrouvèrent nus en quelques secondes. Ils continuèrent à se dévorer la bouche jusqu’à qu’ils ne peuvent plus respirer.
— Putain, j’ai envie de toi, haleta Vishous, les yeux incandescents.
— Tu m’as, répondit la voix rauque de flic.
Sans se concerter ils se dirigèrent vers leur chambre, mais s’arrêtèrent au bord du lit, incapables d’attendre une seconde de plus.
Les deux corps se collèrent l’un à l’autre, comme s’ils ne supportaient pas qu’il y ait un millimètre d’espace entre eux. La pièce était imprégnée par le mélange de leurs odeurs de males dédiés, créant une atmosphère lourde et érotique.
Vishous inspira profondément cette fragrance sensuelle. Il essayait de se contenir, mais les petites morsures et les halètements du flic ne l’aidaient pas beaucoup. Il voulait se gorger de son mec, le mordre, le prendre, le goûter encore et toujours. Il se laissa tomber au pied de son coloc et approcha son visage du sexe de son compagnon.
— Suce-moi, grogna Butch.
Une main gantée attrapa la queue du flic le faisant frissonner. Le velouté du sexe chaud sous sa paume le fit gémir d’anticipation. Il rapprocha son visage et huma la forte odeur. Il commença à lécher la base de la queue du flic, le faisant haleter. Il recula légèrement, pour le caresser et le reprit en bouche. Sa langue s’enroula autour de la tête du pénis, en savourant sa texture.
Le flic étouffa un grognement d’extase. Il baissa sa tête pour admirer son mec en train de lui donner du plaisir.
— Oh oui, comme ça, rugit-il la voix entrecoupée. Putain, continue V…T’es en train de me rendre dingue !
Vishous continua ses va-et-vient, sa tête dodelinait autour de la queue du flic. Il l’aspira de plus en plus profondément, faisant hurler Butch dont le corps était tendu et en sueur. Butch prit la tête de V entre ses mains, et commença à donner des coups de reins. Vishous ouvrit la bouche et le sexe du flic glissa entre ses lèvres. Ses dents se mirent de la partie en lui égratignant le sexe et en suçant le sang. Butch hurla de plaisir, sentant les crocs de son mec le mordre.
— J’en peux plus, gémit Butch.
A peine eut-il terminé sa phrase que son orgasme explosa. Vishous dut se retenir aux hanches de son coloc pour assurer sa prise et avaler ce que Butch était heureux de lui donner. Les jambes du flic lâchèrent et il se retrouva assis sur le lit, complètement anéanti par le plaisir.
Au bout d’un moment, il releva la tête et vit son mec, le sexe dur et engorgé, attendant son bon vouloir. Il leva la main et commença à le caresser. Vishous émit un râle de contentement.
— Je veux te prendre, haleta V. je veux te sentir autour de ma queue.
Butch lui sourit et hocha la tête. Il se positionna sur le ventre avec un oreiller sous lui.
— Non ! dit Vishous, je veux te voir quand je te prends.
Butch eut un rire et se releva pour se remettre face à son mec. Vishous était en train de le regarder les yeux avides. La main du flic entama une descente vers sa queue qui était encore dure.
— Viens, ronronna-t-il enroula sa main et commençant un léger mouvement de va-et-vient.
Vishous se mordit la lèvre jusqu’au sang, s’obligeant à rester immobile. S’il se lâchait, il sauterait sur son cop et le chevaucherait durement. L’affaire serait terminée en quelques secondes. Il ne le voulait pas, il voulait sentir le cul de son mec glisser sur sa queue, lentement.
Il se rapprocha du lit et se laissa tomber sur son flic, qui le reçut les bras ouverts.
Il colla son sexe à celui de son compagnon et commença à se frotter à lui. Butch avait du mal à respirer. Il était en sueur et son corps glissait sous celui de son compagnon, dans une exquise friction.
Leurs canines étaient douloureuses tellement les deux mâles étaient excités. Vishous ouvrit les jambes de son coloc et lui mit un oreiller sous les reins. Il débuta son avance en retirant la main de son flic de son objet de convoitise. Les yeux avides, il regarda sa main attraper la queue de son mec et le caresser de plus en plus vite, jusqu’à ce que Butch hurle pendant son deuxième orgasme, continuant à le caresser.
— Putain, qu’est-ce que t’es bandant quand tu jouis, j’adore ton expression à ce moment-là.
Vishous avait les mains pleines de sperme de son mec. Il rapprocha ses mains de l’endroit convoité. Butch ouvrit plus largement ses jambes, frissonnant. Vishous entra une phalange et commença à le faire tourner pour l’élargir. Butch se crispa de plaisir, et émit un gémissement d’extase. Vishous rajouta un deuxième doigt pour approfondir sa caresse. Dans le même temps, il enduisait sa queue du fluide de son mec. Quand il sentit que Butch était prêt, il se rapprocha de lui et força l’entrée de son mec. Butch émit un léger râle. Vishous arrêta sa progression...
— Vas-y V, haleta le flic.
— T’es sur ?
— Ouiiiiiiiiiiiii, gémit le flic.
Alors V perdit son contrôle. Il rentra d’un coup dans Butch qui hurla. Il s’arrêta quand il fut bien au fond de son mec. Il essaya de ne plus bouger. Le cul de son coloc le serrait de façon délicieuse, envoyant des décharges de plaisir dans tout le corps. Il grogna de plaisir en sentant le flic bouger pour trouver une position plus confortable.
Vishous attendit que Butch se calme. Ce dernier le fixa, les yeux brillant de désir et lui attrapa les hanches.
— Alors t’attends quoi ? demanda Butch, un sourire concupiscent.
Vishous eut un rire étranglé. Son torse se soulevait et s’abaissait dans un effort désespéré de ne pas lâcher prise.
— VAS-Y, hurla le flic. A fond.
A ces mots, Vishous recula légèrement et rentra d’un coup de reins profond. Il continua sur un rythme de plus en plus rapide. La sueur dégoulinant sur ses yeux. Il ne pouvait pas s’arrêter. Il ne voulait pas s’arrêter. C’était trop bon, trop fort, trop puissant. Il regardait son coloc en train de se tordre de plaisir et ses déhanchements devinrent moins contrôlés.
— Tu aimes ça, hurla-t-il haletant. Dis-moi que tu aimes ça !
— Oui, geignait le flic au bord du plaisir. Continue !
Vishous mit ses mains sous le dos de son compagnon pour le coller à son torse. Butch se retrouva sur son mec et continua à le chevaucher de plus en plus vite, le souffle haletant.
Les gencives dégagées, le vampire se colla à son compagnon et le mordit, sans plus de façon. Le sang chaud et épais du flic s’écoula dans sa bouche le faisant rugir de plaisir. Il sentit les dents de son flic pénétrer son cou, le faisant sursauter. Son sang gicla dans la bouche de son compagnon qui poussa un hurlement de jouissance. Ils continuèrent à aspirer leur sang, tandis que leurs corps bougeaient à l’unisson dans un rythme effréné. Ils sentirent en même temps la montée de leur orgasme dans leurs reins. Vishous lâcha le cou de son cop pour hurler littéralement. Son sperme inonda son coloc déclenchant l’orgasme de Butch.
Ils tombèrent sur le lit, les membres enchevêtrés, le souffle rauque. Leurs fragrances de males dédiés leur collaient à la peau.
Très lentement, les deux males reprirent leurs esprits. Le corps complètement relâché. Tous les muscles détendus par une intense satisfaction sexuelle.
Apres un long moment, V leva légèrement la tête.
— Ça va ? chuchota-t-il, la voix rauque.
« Hum, hum » fut le seul son qu’il entendit.
Vishous sortit tout doucement de son mec, le faisant légèrement tressaillir. Il tomba à côté de lui, se collant à son corps, le visage dans le cou à humer l’odeur de son flic.
Butch colla son visage aux cheveux de son vampire, effleurant de sa joue la chevelure mouillé de sueur.
— Je t’aime, murmura V, le visage caché dans son cou.
En entendant ça, le flic sourit et prit son vampire dans ses bras.
Il n’aurait jamais cru entendre ces mots sortir de la bouche de Vishous. Que le vampire les prononce était la plus belle preuve d’amour que son coloc pouvait lui donner. Non pas que Butch doute de l’amour de son male. Mais le fait de les exprimer prouvait que son hellren ne lui donnait pas non seulement son cœur, mais aussi son corps, son esprit et surtout son âme.
Il se rappela une phrase qu’une femme lui avait dite un jour
« L’amour ne voit pas avec les yeux, mais avec l’âme. »
Il n’avait pas compris à ce moment
Maintenant oui !
FIN
09:26 Publié dans V6. Le Dilemme du Vampire | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
V6. Chapitre 27
par BDBAddict
Chapitre 27
Le raid contre les lessers avait porté ses fruits.
La ferme était en flamme et la plupart des lessers avaient été tués soit par Butch – qui avait une face grise tellement il en avait inhalé – soit par les autres frères, pour ceux qui avaient tenté de s’échapper. Le retour se faisait dans un déluge de vannes et de blagues. Sauf V qui ne décolérait pas contre son coloc.
Butch était installé à l’arrière de l’Escalade, dans les bras de son mec, qui était en train de le soigner. La lumière blanche éclairait leurs deux visages. V avait la bouché serrée de rage. Butch lui avait un semblant de sourire sur son visage malade. Rhage conduisait, tandis que Z et Phury s’étaient dématérialisés pour faire le débriefing au Roi.
Ils avaient retrouvé le corps enterré de Sevyc et l’avaient rapatrié au manoir.
— Putain, t’en a absorbé neuf, espèce de connard entêté, braillait le vampire barbu. Bordel pourquoi faut-il tout le temps que tu fasses ta crise du héros ?
— Bon, au moins je connais ma limite, murmura l’Irlandais
— Putain si t’étais pas si malade, je te collerais des baffes. Continue avec ton complexe d’infériorité et tu chercheras un autre karcher pour te nettoyer !
— Ecoute, je suis fatigué et pas en forme pour une scène de ménage, là tout de suite. Tu peux attendre qu’on soit à la Piaule avant de me tuer ?
V entendit un gloussement et lança un regard noir à Hollywood, qui leva sa main, genre « suis innocent ». Il baissa son regard vers son coloc. Ses yeux de diamant brillaient d’émotion. Butch lut dans le regard de son homme la peur de le perdre. Vishous n’était pas un grand bavard surtout pour exprimer ses émotions, et encore plus quand il y avait du public. Mais, Butch savait que son rôle de Dhestroyer faisait paniquer son homme. Ce qu’il pouvait comprendre ! il savait qu’il ressemblait à un vieillard tout défraichi, le teint gris, la peau livide. La tache sur son ventre était énorme, toute boursouflée de noir.
— Ok, riposta V. On en parlera plus tard.
En clair : « tu ne perds rien pour attendre ».
Butch leva un bras fatigué vers le visage de son mec, et lui caressa en signe d’apaisement. Quand la paume du flic effleura les lèvres de V, celui-ci y déposa un léger baiser.
— Bon, les tourtereaux, on est arrivé.
Les deux vampires levèrent la tête en même temps pour voir la silhouette du manoir émergé du mhis. Rhage arrêta la voiture devant le perron. Et aida V à sortir le flic de l’Escalade. Ils atteignirent la Piaule et posa l’Irlandais sur le lit de V.
— C’est bon Hollywood, je m’occupe du reste. Tu peux aller rejoindre les autres dans le bureau de sa majesté.
— Pas de problème, répondit le vampire blond. Cop, je te dis à toute à l’heure. Repose-toi bien.
Une main grise se leva en réponse à Rhage.
— Et pas de folies de ton corps, hein !
Un « connard » baragouiné fut la seule réponse.
Le vampire blond sortit en rigolant de la Piaule.
Sans perdre de temps, Vishous déshabilla Butch, il retira ses propres vêtements et se colla à son flic pour continuer le nettoyage.
Quand il eut terminé, il laissa son flic se reposer, le temps de prendre sa douche. Il revint dans sa chambre, une serviette noire lui ceignant les reins et vit Butch affalé dans les draps de soie noire, les yeux grands ouverts.
— Tu te sens comment ?
— Sale, j’ai besoin de ….
— …te laver compléta le vampire. Allez, mon gros, à la douche.
Il aida Butch à se lever et ils se dirigèrent vers la douche. Vishous le bloqua contre lui pour le stabiliser. Et ouvrit le robinet.
— Tu sais quoi, chuchota le flic
— Quoi ?
— C’est notre première douche ensemble.
Vishous fronça les sourcils. Il avait plusieurs fois aidé son coloc après ses inhalations. C’est vrai que pour lui, c’était des séances de torture. Mais c’était aussi le seul moment où il était proche de son Cop. Mais Butch avait raison, c’était vraiment leur première douche ensemble en tant que couple. Il prit le savon et commença à laver son homme.
— J’espère qu’on aura d’autres occasion de prendre une douche sans forcément avoir besoin de te nettoyer après une cuite au lesser, susurra-t-il
— Obsédé sexuel !
— Ouaip et fier de l’être.
Et pour prouver la véracité de ce statut, le vampire se colla au flic et entama un léger mouvement de va-et-vient, se caressant sur la chute de reins de son homme.
— On verra à plus tard, répondit Butch tout en collant ses fesses au vampire.
Vishous rit tout en le lavant.
— Si moi, je suis un obsédé, toi, t’es un allumeur.
Il entendit son flic rire doucement.
Apres avoir terminé de laver le corps las de Butch, V entreprit de le sécher et de le ramener dans son lit. Il sortit de la chambre et appela un doggen pour un plateau de sandwichs.
Ensuite, il téléphona à Wrath pour lui donner les nouvelles. Il apprit que le cousin de Sevyc devait passer au manoir pour un entretien avec le Roi. Celui-ci ayant décalé le RDV tant qu’il n’avait pas de nouvelles informations à lui transmettre.
Butch était encore couché sur le lit, mais son teint avait repris une couleur normale. Il se sentait beaucoup mieux. Les relents de lesser avaient été expulsés de son organisme et son ventre avait repris son aspect habituel.
Vishous revint dans la chambre avec le plateau de sandwichs. Il en tendit un à son flic. Et resta debout à côté du lit, regardant l’Irlandais manger.
— Putain de bordel de merde, Cop, hurla d’un coup V. Tu veux te faire tuer ou quoi ?
Bon, le temps du repos du guerrier était terminé. Le flic releva la tête et croisa un regard de diamant étincelant de colère.
— Non, ce n’est mon but dans la vie. Mais par contre j’ai un boulot au sein de la Confrérie. C’est d’inhaler des lessers pour qu’ils ne reviennent pas à l’Oméga.
— Tu me prends en plus pour un con, vociféra V.
— Pas du tout, V. C’est MON rôle dans cette guerre. Et même toi ne pourra m’empêcher de le faire, suis-je clair ?
Enervé, Vishous se mit à marcher de long en large à côté du lit. Bon, ce n’est pas la bonne tactique de gueuler sur son flic. Il prit une inspiration pour se calmer. Il savait que plus il insisterait, plus l’Irlandais allait lui prouver que la réputation des habitants de Southie.
— Je ne remets pas en cause ta mission au sein de cette guerre. Ce que je te reproche, c’est de toujours essayer d’inhaler le plus de face de craies possibles. Tu essayes toujours de dépasser tes limites.
— Evidemment que j’essaye de dépasser mes limites. Putain, je ne sais pas combien de ces merdes je peux avaler et tant que je pourrais le faire, j’en avalerais le plus possible. Voilà, c’est tout ! Et puis tu es là, non ? Pour me guérir !!!
Vishous lança un regard torve vers son coloc.
— Bon, je ne te ferai pas changer d’avis sur le sujet, hein ? C’est comme ça et pas autrement !
Le flic le regarda. Il comprenait que V s’inquiète. Même si, au lieu de lui dire, il lui gueulait dessus. Mais bon, il ne changerait pas de façon de procéder et tenterait toujours de pousser de plus en plus loin ses capacités d’inhalation. C’était son boulot. Point.
Il se leva du lit et s’approcha de son compagnon. Il lui prit le visage et l’embrassa doucement.
— Oui, c’est comme ça V, répondit-il d’un ton définitif. Bon, je m’habille et on va rejoindre les autres.
***
Dans le bureau du Roi, l’ambiance était très décontractée. Les jumeaux avaient faire leur reporting auprès de Wrath. Tous les lessers avaient été tués. La ferme avait brulé entièrement. Phury avait récupéré les jarres et les avait ramenées dans la grotte.
Zsadist avait ramené leur corps de Sevyc dans une des pièces de la clinique.
Wrath avait appelé le cousin du vampire mort et lui avait dit qu’un doggen viendrait le chercher pour le ramener au manoir.
Rhage avait pris place sur le fauteuil, littéralement affalé, une sucette à la bouche. Les jumeaux s’étaient mis côte à côte, le dos collé au mur à côté de la porte. Vishous et Butch se tenaient l’un à côté de l’autre sur le canapé. Vishous était en train de se rouler une clope, attendant que le Roi prenne la parole.
— Bravo, les gars, dit Wrath. Vous avez fait de l’excellent boulot. Bon, vous êtes de repos puisque pour le moment, on peut dire qu’il y a une accalmie. J’attends l’arrivée de Thury pour lui donner le corps pour qu’il soit enterré avec tous les hommages. V, tu restes avec moi, les autres peuvent sortir.
Les vampires sortirent de la pièce, laissant V et le Roi seuls dans le bureau.
Phury accéléra le pas en sortant, jusqu’à courir dans le couloir. Mais, il fut stoppé net par le corps massif de son jumeau qui s’était dématérialisé devant lui.
— Oh que non ! rugit Z. Tu ne vas pas te débarrasser de moi comme ça. On va parler tous les deux.
Butch qui avait suivi les deux frères commença :
— Z, tu ne peux….
Le vampire balafré se retourna vers le flic, ses yeux noirs lançant des éclairs.
— Ne t’en mêle pas, Cop ! Ce n’est pas tes oignons ce qui se passe entre mon frère et moi.
Rhage se mit à côté du flic.
— Il a raison Butch, c’est leur problème….Tu n’as pas à rentrer dedans !
Le flic regarda le vampire blond. Un tel sérieux sur le visage d’ordinaire souriant du vampire lui fit comprendre que son intervention pourrait faire plus de dégâts que de bien. A la manière de Pilate, il fixa les jumeaux et fit le geste de se laver les mains.
— Dans la bibliothèque ! aboya Z. maintenant.
Phury regarda son frère en soupirant. Z n’allait pas le lâcher, donc autant crever l’abcès une fois pour toute. Il hocha la tête et se dirigea vers la bibliothèque. Z le suivit le collant aux basques.
Zsadist referma la porte d’un claquement sec. Phury s’installa sur le fauteuil, tandis que son frère restait debout.
Les yeux noirs affrontèrent les yeux jaunes. Phury avait un visage impassible, tandis qu’autour de Zsadist, l’air était glacial.
— Putain, pourquoi t’as pris la place de V ?
Phury resta un long moment silencieux.
— Et pourquoi pas ? répondit-il
La température de la pièce chuta brusquement. De glacial, c’était passé à polaire. Z se contenait difficilement. Il voulait exploser la tronche de son jumeau, tellement sa réponse l’avait mis en tension.
— Réponds-moi, espèce de trou du cul, avant que je t’explose les dents.
Phury se redressa sur le fauteuil et fixa son jumeau d’un air très sérieux.
— Très bien, je vais t’expliquer pourquoi, puisque tu tiens tellement à le savoir. Note bien que mes motifs ne sont pas si altruistes que ça, mon cher frère. Pourquoi ? Parce que j’en ai marre de regarder ta shellane et de savoir qu’il ne se passera jamais rien entre elle et moi. Pourquoi ? Parce que j’en peux plus de vous mater, toi et ta compagne, et de me sentir coupable de l’aimer et d’être jaloux. Pourquoi ? Parce que si j’ai une petite chance de trouver le bonheur, je vais la prendre. Pourquoi ? Parce que j’en ai marre d’être le « pauvre Phury », qui vous fait pitié car il est un gros tox. Pourquoi ? Parce que pour une fois dans ma putain d’existence, je vais faire quelque chose de bien et qui apportera du bonheur. Pourquoi ? Parce que je l’ai DÉCIDÉ…..Ça te va comme réponse. C’est assez clair ?
— C’est parfaitement clair, gueula Zsadist
— Trèèès bien, autre chose ! Je veux me barrer du manoir parce que je peux voir si je suis capable d’oublier Bella. Et si pour ça, je dois baiser quarante femelles, et bien je le ferai. C’est mon choix et rien ne pourra me faire changer d’avis !
Zsadist garda le silence pendant un bon moment. Il comprenait que son frère souhaite s’éloigner du manoir. Voir tous les jours devant lui ce qu’il ne pourrait jamais avoir, le tuait à petit feu. Surtout que lui et Bella ne faisaient rien pour cacher leur bonheur. Z réalisa que son frère avait décidé de se prendre en main. De changer sa vie. Et lui, au lieu de le soutenir – comme Phury l’a fait pendant des siècles avec lui – il lui hurlait dessus, en parfait égoïste qu’il était. Z savait que sa relation avec son jumeau n’était pas au beau fixe. D’ailleurs, c’était plus de sa faute que celle de son frère. La salope de maîtresse l’avait bien amoché émotionnellement. Sa rencontre et son union avec Bella avaient commencé à cicatriser certaines plaies. Mais, il ne se leurrait pas : il restait quand même un parfait salaud, incapable de dire les choses et d’extérioriser ses émotions.
Il releva sa tête. Ses yeux avait repris leur couleur initiale, d’un jaune citrine. Si Z voulait garder un semblant de relation avec son jumeau, il devrait fermer sa grande gueule et lui souhaiter tout le bonheur du monde. Il se rapprocha de Phury, l’attrapa et lui entoura les épaules de ses bras.
Phury sursauta, n’ayant pas l’habitude que son jumeau le touche volontairement.
— Je ne te souhaite que le meilleur, murmura Z dans l’oreille de son frère. Fais gaffe à toi, c’est tout ce que je te demande. Je te jure que je ne te ferai plus chier avec cette histoire.
Apres un moment d’hésitation, l’autre vampire lui rendit son accolade. Les deux frères restèrent un long moment sans bouger, se tenant simplement l’un et l’autre. Ils se lâchèrent au bout de quelques minutes, un peu gênés par cette effusion sentimentale.
— Si tu dis à quelqu’un ce qui vient de se passer, je te bute, marmonna Z
Phury le regarda et partit d’un éclat de rire où se mêlaient le soulagement et le plaisir. Z essaya de rester sérieux, mais voyant son frère hilare, il ne put s’empêcher de rire lui aussi.
Apres s’être calmé, Phury se dirigea vers la porte. La main sur la poignée, il se retourna vers son jumeau.
— Z
— Oui ?
— Ca fait du bien de t’entendre rire, c’est tout.
Et il sortit, laissant son frère dans la bibliothèque, un sourire sur les lèvres.
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